Carte de visite

« 1er juillet 1916, Bataille de la Somme

Il fut un temps où la sérénité régnait
Il fut un temps où les mères ne pleuraient pas leurs fils
Il fut un temps où l’enfant vivait plus de 517 jours
Il fut un temps où les amoureux dansaient

Maintenant l’étendard sanglant est levé
Le silence du no man’s land
Cette tension où le fou se transcende
6h25 le chant des obusiers

Le ciel menaçait d’un fléau divin
La symphonie n°3 de Beethoven
Raisonnait en ce paisible matin
Où coulait à flot le vin

7h30, coups de sifflet
Pour Hel, début du banquet
Les fidèles tombaient
Avec eux, leurs rêves sombraient

Pour l’envahisseur le réconfort et un bon lit
Et pour nous les cadavres comme pauvre compagnie
Ces voix qui jamais ne s’arrêtent
12h, l’espoir bat en retraite

Voilà ce que notre guerre engendre
Il ne reste que les infimes cendres
Qui parfois rougissent au souvenir de nos pas

Tu es là, tu restes, et tu ne pars pas »